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#1 04-04-2015 16:32:34

sv0t
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[Société] Lectures diverses

Bonjour.

j'ai tellement apprécié cet article que je ne peux faire autrement que le relayer. Vous ne regretterez pas d'y avoir passé un moment. En fin d'article, je donne le site en lien.

Édit: édition du titre et mise en forme de ce sujet afin d'éviter d'en ouvrir plusieurs sur le thème : Lectures diverses.

l’économie-de-marché-est-une-aberration-totale a écrit :



Qui dit économie de marché dit obligatoirement croissance, même à faible taux, exponentielle, dit aussi « compétitivité » entre les entreprises et les États, dit obligatoirement la main mise des banques et des institutions financières sur l’économie, dit également spéculation, etc. Alors regardons d’un peu plus près ce que veulent dire ces termes et ce qu’ils impliquent.

Tout d’abord, la croissance ; comment peut-on préconiser une croissance exponentielle dans un monde aux ressources limitées ? Un enfant de dix ans est capable de comprendre que c’est impossible et un non sens. Alors par quel invraisemblable aveuglement, des gens pourtant intelligents peuvent-ils préconiser ce système ? J’aimerais que l’on m’explique. Mais ce n’est pas tout, car pour permettre au monde occidental d’avoir sa sacro-sainte croissance il faut puiser toujours d’avantage dans les ressources disponibles de la terre, ce qui cause des frais de plus en plus importants qui grèvent sérieusement le coût d’extraction de ces matières premières. Étant donné que ce sont essentiellement les multinationales qui extraient ces matières premières et que pour elles, croissance oblige, la seule logique est celle du bénéfice maximal, il est évident qu’elles feront tout ce qui est possible pour réduire leurs frais, et donc augmenter leurs bénéfices. La seule manière de procéder et de diminuer de façon drastique le coût d’extraction, mais cela ne peut se faire qu’au détriment de l’environnement qui est saccagé et pollué.

Mais il y a pire encore. Ces richesses du sous sol ne sont pas ou peu dans les pays occidentaux, mais dans les pays du sud, Afrique, Proche Orient, Iran et en Russie. Et pour les grandes puissances occidentales, il est tout à fait normal de s’approprier ces richesses parce qu’elles en ont besoin, et tant pis pour les peuples concernés par les dégâts causés à l’environnement et par le pillage de leurs richesses ; Il suffit d’une bonne petite révolution « démocratique » qui mettra au pouvoir des pions dictateurs qui seront au service de l’Occident et de ses multinationales, et le tour est joué. En clair ; la croissance de l’Occident ne peut se faire qu’au détriment des autres pays et peuples et de l’environnement. Tout cela pour satisfaire la cupidité des actionnaires des banques et des multinationales et faciliter le consumérisme effréné des peuples occidentaux !

Si c’est ça votre modèle de référence, permettez-moi de douter de votre santé mentale !

Quant à la compétitivité elle n’est que la façon édulcorée de qualifier la violence. C’est un système qui n’a pour but que de s’approprier toutes les richesses possibles au détriment des autres. Et dans ce cas de figure, tous les coups sont permis, y compris les plus tordus. Il y a assez d’exemples très connus dans le monde pour se dispenser de donner des exemples. Là aussi, se pose la question sur la bizarreté de cette conception complètement absurde et pourtant montrée en exemple !

Autre problème, comment peut-on croire un instant que des banques et des institutions financières livrées à elles-mêmes sans aucun contrôle vont agir pour le bien être des peuples ? Il faut faire preuve d’une singulière naïveté pour le croire, à moins qu’il ne s’agisse plutôt d’une formidable hypocrisie qui consiste à répandre ce genre d’info dont il est plus qu’évident qu’elle est d’un non sens total. Ces banques et institutions financières privées et libérées de tout contrôle étatique vont s’empresser d’agir pour s’enrichir au maximum et sans aucune considération pour les dégâts provoqués par leurs activités.

Enfin, la spéculation ; j’aimerais bien que quelqu’un m’explique cette folie ! Quand on voit des banques qui spéculent sur des titres qu’elles ont fabriqués et qui ne représentent aucune richesse, qu’elles spéculent avec de l’argent qu’elles n’ont pas, en suivant la fameuse idée de réserve fractionnaire qui permet à une banque de spéculer en levant des sommes qui peuvent aller jusqu’à plus de trente fois la valeur de ses fonds propres – ce qui leur permet aussi de spéculer sur la nourriture et les biens de première nécessité- et cela UNIQUEMENT pour faire de l’argent, en aucune façon pour permettre aux peuples de vivre mieux ! On peut même dire que les besoins des peuples ne sont envisagés uniquement que dans la perspective d’accroître les bénéfices, sinon, ils sont une gène et au besoin, pour gagner encore plus d’argent, on fera en sorte de provoquer une diminution très importante de ces éléments vitaux pour faire grimper artificiellement les prix. Et tant pis pour ceux qui ne peuvent pas payer et qui risquent de mourir de faim !

Bref, tout cela nous démontre clairement et sans équivoque que ce système d’économie de marché est une aberration totale et que, de plus, il est très dangereux sur le long terme pour l’ensemble de l’humanité. Alors au lieu de bêler et de faire des discours ronflants sur la croissance et la compétitivité, il me paraitrait un rien plus intelligent de commencer à réfléchir à un autre modèle de société qui mettra l’être humain et son épanouissement sur tous les plans au centre des préoccupations, et non l’enrichissement exponentiel d’une poignée de nantis dont l’équilibre psychologique me parait grandement affecté.

Ce qui me consterne le plus, c’est de voir les analyses d’individus apparemment intelligents qui continuent à préconiser ce système aberrant. Quant aux autres qui pensent que ce système est indépassable, alors que bien souvent ils pâtissent des conséquences, j’en viens à me poser la question de savoir s’ils n’ont pas subi un conditionnement pour continuer à croire dans les imbécilités qu’ils profèrent. Excusez-moi du terme, mais il me parait assez parlant pour qualifier le soutien d’un système aussi mortifère et absurde qu’est celui de l’économie de marché.

Pour mémoire 1 million d’emplois publics coûtent à l’État 30 milliards, alors calculez combien l’on pourrait embaucher de fonctionnaires et améliorer les services publics de santé et d’éducation, entre autre, avec par exemple :

? 200 milliards d’euros : c’est le montant cumulé des aides publiques, déversées chaque année aux entreprises, sans contrôle ni contrepartie.

? 45 milliards d’euros : c’est le montant des exonérations de cotisations sociales patronales accordées chaque année au patronat.

? 80 milliards : c’est le niveau de la fraude et de l’évasion fiscale qui est principalement le fait des grosses entreprises.

Mais on ne sortira pas de cet engrenage absurde sans mettre en place, ici et maintenant, des pratiques alternatives d’expérimentation et d’autonomie. Un nouveau modèle d’émancipation doit commencer à émerger, qu’on l’appelle : socialisme antiproductiviste, écosocialisme, société écologique libertaire ou société d’a-croissance… Car une société qui consomme toujours plus ne peut respecter l’environnement et épuise tôt ou tard les ressources essentielles à la vie. Il ne peut y avoir de croissance infinie sur une planète finie. Il faut faire décroître toutes les activités inutiles que le capitalisme, emporté dans sa logique de profit a réussi à imposer comme le seul modèle.

D’après D.POSITAIRE et A.NONYME

http://2ccr.unblog.fr/

Dernière modification par sv0t (05-04-2015 10:01:42)

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#2 05-04-2015 10:29:44

sv0t
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Re : [Société] Lectures diverses

Bonjour,

Pour facilité l'organisation de ce sujet, sans créer de polémique stérile, mais pour aborder des faits de société sous un autre angle que celui servit par les "grand média", j'ai jugé utile de remettre en forme et de changer le titre du 1° message. Bonne lecture.

Librement

Les origines de la crise intégrale du capitalisme a écrit :



La crise intégrale qui frappe actuellement le capitalisme est le résultat de l’évolution de ce système qui, en défense de la propriété privée et du marché, a toujours proclamé comme objectif primordial l’obtention de bénéfices, même lorsqu’ils sont obtenus au détriment de la valeur d’usage des produits ou des services proposés.
Ce système économique et social a causé depuis ses origines une déformation de la société universelle, en générant deux spirales opposées, celle des quelques riches qui deviennent de plus en plus riches, et celle d’une grande quantité de personnes soumises à un processus continu de dégradation.
Au cours des plus de cinq siècles de son existence, le capitalisme est parvenu à imposer une pseudo culture de consommation sans frein qui en arrive même à affecter l’équilibre de la nature, pour l’unique raison que sa loi fondamentale est celle de l"obtention de plus-value par tous les moyens et le vol des fruits du travail.
On peut comprendre que le cycle de récession - prospérité - superproduction - crise qui se répétait tous les dix ans entre 1825 et 1867 se soit converti depuis lors en une dépression permanente et chronique.
C’est la contradiction existant entre le caractère social de la production et le caractère privé de l’appropriation, contradiction caractéristique du capitalisme, qui a entraîné que les périodes de croissance conduisent à un effondrement avant même de parvenir à un niveau de véritable prospérité.
Afin d’affaiblir les mouvements contestataires du prolétariat, la bourgeoisie s’est trouvée dans l’obligation de céder une petite partie de ses gains aux masses populaires.
Par exemple, et principalement dans les pays développés du Nord, des services de santé et d’éducation gratuite ont été crées, les journées de travail de moins de huit heures garanties et des subsides instaurés pour les chômeurs.
C’est ainsi qu’à partir de 1945, après la seconde guerre mondiale, le niveau de vie de la majorité de la population des pays les plus développés s’est notablement amélioré.
Mais, comme l’a expliqué Karl Marx, la production capitaliste ne consent une prospérité relative aux travailleurs que de façon momentanée, et encore, cette prospérité n’est souvent qu’un oiseau de mauvais augure. C’est ce que nous confirme l’histoire.
On ne peut pas oublier qu’après la disparition du socialisme dans les pays de l’est de l’Europe et l’ex - Union Soviétique, l’Occident a pu accélérer son opération de démontage de l’ « État Providence » et d’application de politiques néolibérales.
On a vu l’apparition du culte démesuré de la propriété privée et de la non-intervention de l’État, sauf lorsqu’il faut réprimer les mouvements populaires, et la suppressions des avantages dont bénéficiaient les couches les plus pauvres, tout cela soi-disant au nom de la liberté et de l’égalité face à la compétition.

La crise n’allait pas tarder à se déclarer.

Noel Manzanares Blanco

http://www.legrandsoir.info/Les-origine … lisme.html

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#3 11-04-2015 14:34:40

sv0t
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Re : [Société] Lectures diverses

C'est malheureusement un sujet qui n'est pas très simple d'accès (d’où le pavé), mais l'article qui suit nous détaille de façon très abordable le fonctionnement des institutions financières et les conséquences probables qui vont peuvent en découler.

L'exubérance irrationnelle des marchés : Vous avez aimé la crise financière de 2008, vous allez adorer la prochaine

Surabondance de liquidités, écrasement des taux d’intérêt, sophistication des outils financiers, garde-fous illusoires. Autant d’éléments qui poussent, à nouveau, “au crime”.

Philippe Plassart a écrit :



C’est un signe révélateur. Jusqu’au bout, les marchés n’ont pas voulu intégrer le risque d’un défaut de paiement de la Grèce. Grisés par les liquidités, ils font preuve d’un optimisme inébranlable. Rien ne vient entamer ce dernier, pas même les mauvaises nouvelles qui ne manquent pourtant pas. Déstabilisation de la péninsule arabique, signes de ralentissement de l’économie mondiale, etc., peu importe, l’indice VIX qui mesure la volatilité des marchés, autrement dit leur degré de stress et de peur, reste à son étiage. Très loin de ses sommets atteints pendant la crise de2007 et2008. “L’idée même du risque semble avoir disparu de la tête des investisseurs. Comme s’ils avaient souscrit une assurance tous risques auprès des banques centrales”, observe Christopher Dembik, analyse chez Saxo Bank. Pourtant, quelque chose ne va pas.

“L’idée même du risque semble avoir disparu de la tête des investisseurs. Comme s’ils avaient souscrit une assurance tous risques auprès des banques centrales”

“Les marchés d’actions surperforment et voient la vie en rose, alors que l’économie réelle continue de donner des signes de souffrance. Ce n’est pas cohérent, une partie se trompe” analyse Véronique Riches-Flores, économiste indépendante. Les marchés n’ont pas de mémoire. Ils ont oublié les crises passées – la crise boursière de 1987, la crise monétaire de 1993, la faillite et le sauvetage in extremis du fonds LTCM, ainsi que la crise de la balance des paiements des pays asiatiques en 1998, l’éclatement de la bulle Internet en 2001, et surtout la plus terrible d’entre elles, celle des subprimes et de la titrisation en 2007-2008, au cours de laquelle la planète financière avait failli exploser. Or les germes d’une prochaine crise – impossible, bien sûr, à dater, mais potentiellement plus dévastatrice – sont probablement déjà semés. Et il n’y a pas pire sans doute que ce sentiment actuel de fausse sécurité qui conduit à fermer les yeux sur ces risques.
Un déversement de liquidités sans précédent

Pour éviter un effondrement financier, feu Milton Friedman préconisait un largage de liquidités “par hélicoptère”. Les banques centrales ont suivi la recommandation du maître. Sans doute, à leur décharge, n’avaient-elles d’autre choix. La réserve fédérale américaine a ainsi injecté près de 3 500milliards de dollars, et la Banque centrale européenne veut racheter 1 100milliards d’euros d’actifs d’ici septembre2016. Quant aux autres banques centrales (Angleterre, Japon), elles ne sont pas non plus en reste. Au total, le bilan des banques centrales a doublé, passant d’un peu moins de 3,5% à quasiment 6,5% du PIB mondial. Problème : cet argent censé soutenir l’économie n’est pas arrivé, jusqu’à présent, à ses destinataires, les ménages et les entreprises, via une relance du crédit. “Le canal bancaire sur lequel comptent les banques centrales ne fonctionne pas bien. Tant il est vrai que le financement de l’économie n’est plus au cœur de l’activité bancaire” analyse Jézabel Couppey-Soubeyran, spécialiste d’économie bancaire et financière.

“Problème : cet argent censé soutenir l’économie n’est pas arrivé, jusqu’à présent, à ses destinataires, les ménages et les entreprises, via une relance du crédit”

Où est passé alors cet argent ? Dans les marchés financiers. Le cours des actions a doublé en cinq ans à Wall Street, en deux ans à Tokyo, et les bourses européennes leur emboîtent le pas depuis que la Banque centrale européenne a annoncé, à son tour, la mise en œuvre de mesures non conventionnelles. Or ces mouvements haussiers sont largement déconnectés de la réalité économique et d’une croissance qui n’a rien de flamboyant. “On a confondu création monétaire et création de richesses” tranche l’économiste Charles Gave.
Une zone de taux d’intérêt inédite

Cet afflux de liquidités a eu pour effet d’écraser les taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas, désormais proches de zéro sur quasiment toute la courbe. Une évolution souhaitée par les banques centrales elles-mêmes. “Cela fait plus de six ans que la Réserve fédérale fournit de l’argent gratuitement. Et la BCE l’a suivie. Or quand l’argent ne coûte rien, on ne peut faire que des bêtises”, déplore l’ex-banquier Jean-Michel Naulot. Pire, sur certaines échéances, les taux sont même devenus négatifs. Une situation qui peut être vue comme aberrante puisqu’elle revient à faire payer au prêteur le prix de sa sécurité. “Comment un système économique peut-il fonctionner sans une prime à l’incertitude liée au passage du temps ? Cela n’est tout simplement pas possible. On n’est plus dans un monde logique” estime Charles Gave.

“Quand l’argent ne coûte rien, on ne peut faire que des bêtises”

Quoi qu’il en soit, cette zone de taux d’intérêt inédite et ses anomalies ont pour effet de biaiser bon nombre de calculs économiques et financiers. Et donc de perturber la rationalité des acteurs. “Les investisseurs qui recherchent du rendement n’en trouvent plus par les voies traditionnelles. Priçant mal le risque, ils se tournent vers des actifs de moins en moins sûrs : junk bonds , actions spéculatives”, observe Christophe Nijdam, secrétaire général de l’ONG Finance Watch.
La finance, toujours un champ de mines

En 2009, les dirigeants du G20 avaient, on s’en souvient, affiché leur volonté de remettre la finance “à sa place”, c’est-à-dire au service de l’économie. Six ans, plus tard, force est de constater que la sphère financière, toujours hypertrophiée, tourne plus que jamais – et de plus en plus vite – sur elle-même, sans autre considération que son propre intérêt. “La finance mondiale reste un champ de mines”, diagnostique l’expert Paul Jorion. Et un champ en expansion continu. Le marché des dérivés s’élève désormais à près de 700 000milliards de dollars, soit l’équivalent de dix fois le PIB mondial.

“Le marché des dérivés s’élève désormais à près de 700 000milliards de dollars, soit l’équivalent de dix fois le PIB mondial”

Quant au “shadow banking”, cette finance de l’ombre qui échappe à la régulation, elle a continué à se développer, souvent au sein même de la finance officielle. Des instruments nouveaux, à fort potentiel déstabilisateur, sont apparus, tel le trading à haute fréquence (THF) qui n’existait quasiment pas avant la crise de 2008, et qui représente désormais la moitié des transactions. Par ailleurs, des segments de marchés connaissent de forts engouements comme celui des “repos” et des “prêts de titres” dans lequel des titres, par exemple de dettes, peuvent servir de garantie à de nouveaux emprunts. Des mécanismes où la fertilité de l’innovation financière le dispute à sa complexité. Un cocktail qui n’est pas sans rappeler les montages de titrisation qui avaient précédé la crise des subprimes et dans lesquels bon nombre de professionnels s’étaient eux-mêmes perdus.
Les failles d’une régulation inachevée

Autre promesse non tenue, celle de réguler le secteur de la finance. “On a fait deux pas en avant et un pas en arrière. En tout état de cause, le chemin parcouru n’a pas été suffisant” analyse Christophe Nijdam. “Les activités spéculatives des banques n’ont toujours pas été interdites” s’alarme pour sa part Jean-Michel Naulot. Le lobby des banques et des établissements financiers a opposé il est vrai une résistance farouche à toutes les tentatives d’encadrement. Si bien que les célèbres ratios prudentiels de Bâle III, censés mettre le secteur à l’abri d’une rechute, apparaissent à l’examen bien édulcorés. “Les banques ont gardé la main sur l’évaluation de leurs propres risques, ce qui les conduit naturellement à minimiser ces derniers. Résultat, les coussins de fonds de propres exigés apparaissent insuffisants.

“Les activités spéculatives des banques n’ont toujours pas été interdites”

Quoi qu’il en soit, le dispositif complet de prévention des risques ne sera pas opérationnel avant2019 et2020”, analyse Jézabel Couppey-Soubeyran. Un cadre qui laisse de toutes les façons sceptique Paul Jorion “Les niveaux de réserves ont été choisis sur la base d’une probabilité gaussienne d’accidents, c’est-à-dire ayant une répartition en cloche. Or les chocs financiers ne relèvent pas de cette catégorie du fait de leur caractère systémique. On l’a bien vu avec la faillite de l’assureur américain AIG en 2008. Celui-ci avait constitué des réserves à hauteur de 4milliards de dollars. Or il a essuyé d’emblée des pertes de 85milliards.” Garde-fous bien fragiles, les ratios prudentiels, en rassurant donc à bon compte, accroissent surtout dangereusement le sentiment d’une fausse sécurité.
Les signes d’exubérances irrationnelles

Surabondance de liquidités, écrasement des taux d’intérêt, sophistication des outils financiers, garde-fous illusoires. Autant d’éléments qui poussent, à nouveau, “au crime”. Certains acteurs ont renoué avec les pratiques à très haut risque. Selon le régulateur britannique, plus d’un hedge fund sur dix utilise actuellement un effet de levier supérieur à 50, ce qui veut dire qu’ils gèrent des positions de marché correspondant à 50 fois le montant des fonds qu’ils ont en gestion ! De l’acrobatie sans filet. “Je retrouve actuellement à New York les mêmes signaux que ceux que j’avais observés pendant la période qui avait précédé la crise de 2007-2008 : un relâchement assez général de la vigilance, des prises de risques inconsidérées, des pratiques d’allocations de crédit qui ne font pas sens”, témoigne Édouard Tétreau, associé gérant de Mediafin.

“Surabondance de liquidités, écrasement des taux d’intérêt, sophistication des outils financiers, garde-fous illusoires. Autant d’éléments qui poussent, à nouveau, “au crime””

Et comme en 2007, le foyer de ces excès semble logé aux États-Unis. Selon le prix Nobel Robert Shiller, grand expert de la formation des bulles spéculatives, le PER (price earning ratio) ajusté du cycle économique s’élève, à Wall Street, à 27, un niveau jamais atteint sauf en… 1929, 2000 et 2007. D’autres signes “d’exubérance irrationnelle” se manifestent, comme la multiplication d’“entreprises zombies” capables, par exemple dans les biotechs ou les réseaux sociaux, de drainer des capitaux sans aucun résultat, observe Christopher Dembik. Mais c’est surtout le retour spectaculaire des subprimes et des activités de repackaging et de titrisation des dettes qui fait remonter le souvenir de la crise. “40% des crédits à la consommation distribués sur le marché américain le sont à destination de ménages… insolvables”, s’alarme Édouard Tétreau.
La menace bien réelle d’une crise systémique

Ne sommes-nous pas alors partis pour revivre une crise, du type de celle des Sicav monétaires qui, en août2007, avait brutalement interrompu le marché interbancaire international ? Une crise de nature systémique donc, dans laquelle la chute d’un acteur de la chaîne entraîne tous les autres comme dans un jeu de dominos. L’interconnexion entre les acteurs – et donc leur dépendance les uns aux autres – n’a pas cessé de croître ces dernières années, et recommence à donner des sueurs froides à certains observateurs.

“Un même titre peut être revendiqué actuellement en moyenne par deux acteurs et demi, ce qui pose le problème de leur attribution en cas de course soudaine à la liquidité”

De véritables nœuds se sont formés. Sur le marché des “prêts de titres” et de “repos”, estimé à 20 000 milliards, un même titre peut être revendiqué actuellement en moyenne par deux acteurs et demi, ce qui pose le problème de leur attribution en cas de course soudaine à la liquidité. Les failles des chambres de compensation des marchés dérivés constituent une autre source d’inquiétude. Une demi-douzaine de banques de données ont certes été constituées, mais elles ne disposent pas de registres standardisés, si bien qu’en cas d’urgence à dénouer les positions, aucun opérateur n’y retrouvera ses petits. Panique assurée.
Quel sera le détonateur ?

Quel sera cette fois le détonateur de la crise ? Viendra-t-il des compagnies d’assurance-vie allemandes qui ont pris tous les risques pour tenir leurs promesses de rendement à 3% dans un contexte de taux zéro ? Des craquements du vaste marché des “students loans” américains dont le manque de traçabilité commence à effrayer les professionnels les plus aguerris ? Ou bien de la bombe à retardement de la prochaine hausse des taux d’intérêt ? “Lorsque les taux sont à zéro comme aujourd’hui, le risque de sensibilité des titres à la remontée des taux est à son maximum, rappelle Christophe Nijdam. Une hausse des taux de 0% à 1% entraîne mécaniquement, pour une obligation à trente ans de 100, une perte en capital de 26%, quasiment le double de l’impact d’une hausse de 4 à 5%.”

“Une hausse des taux de 0% à 1% entraîne mécaniquement, pour une obligation à trente ans de 100, une perte en capital de 26%, quasiment le double de l’impact d’une hausse de 4 à 5%.”

Un carnage qui pourrait déstabiliser bien des portefeuilles obligataires, y compris institutionnels. La hausse des taux impactera aussi le marché des dérivés composés à 85% de dérivés de taux… Stupeur et tremblements. Mais la crise viendra sans doute de là où personne ne l’attend, tel le battement de l’aile du papillon qui provoque l’ouragan à des milliers de kilomètres. Lorsqu’en octobre2006 dans un comté perdu de l’État de Californie, le prix des maisons avait affiché ses premières baisses après plusieurs années de boom immobilier, personne n’avait prêté beaucoup d’attention à l’information. Ce fut pourtant le point de départ de ce qui allait devenir quelques mois plus tard la plus grave crise depuis 1929.


http://www.lenouveleconomiste.fr/vous-a … ine-26731/

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#4 11-04-2015 14:46:43

smolski
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Re : [Société] Lectures diverses

smile

"Définition d'eric besson : S'il fallait en chier des tonnes pour devenir ministre, il aurait 2 trous du cul." - JP Douillon
"L'utopie ne signifie pas l'irréalisable, mais l'irréalisée." - T Monod (source :  La zone de Siné)
"Je peux rire de tout mais pas avec n'importe qui." - P Desproges
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#5 16-09-2015 06:24:03

smolski
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Re : [Société] Lectures diverses

De la manipulation commerciale et mediatique
pdf libre à telecharger.

Nous sommes tous consommateurs, spectateurs, et travailleurs. Même les chômeurs et les étudiants ne sont considérés qu’en fonction du travail, l’un étant en recherche d’emploi, l’autre en préparation de son emploi.

[...]

Cet ouvrage est gratuit et doit le rester. Son contenu est libre d’utilisation, du moment que les sources sont citées et que le contenu n’est pas transformé sans demande. De plus, il n’est pas figé dans le temps : si vous en avez les compétences, vos propositions, corrections, ajouts sont les bienvenus.


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#6 16-09-2015 22:50:30

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Re : [Société] Lectures diverses

Salut smolski et à tous,

Je vais voir à le convertir en epub avec calibre ( si c'est possible ) pour le lire sur une liseuse ( tablette de chocolat ), et je ferai un retour !  smile

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#7 17-09-2015 19:06:36

paskal
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Re : [Société] Lectures diverses

Tu retourneras la tablette ?  wink

I'd love to change the world
But I don't know what to do
So I'll leave it up to you...

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#8 17-09-2015 20:19:12

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Re : [Société] Lectures diverses

Arf ! big_smile

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