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#1401 29-02-2020 19:32:55

lagrenouille
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Re : J'ai une citation, je la partage

nucléaire mon amour
.
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"C'est a travers les mots, entre les mots, qu'on voit et qu'on entend."         
Gilles Deleuze

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#1402 01-03-2020 08:33:32

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Re : J'ai une citation, je la partage

Et moi qui croyais que la grenouille de bénitier était en voie de disparition ....help.gif

Le corbeau croasse, la grenouille coasse et le serbo croate."

Frédéric Dard


Les pissenlits ? .....par le bon côté !

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#1403 04-03-2020 17:26:28

lagrenouille
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Re : J'ai une citation, je la partage

Avec des chapeaux
parole par Richard Stallman
mélodie de En passant par la Lorraine / En revenant de Rennes

.
J'ai saboté l'usine d'acier
Avec mes sabots.
Et ma grand-mère, le chemin de fer,
Avec ses sabots.
La gendarmerie est en furie,
Que toute une famille sème l'anarchie.
Oh oh oh, avec des sabots.

J'éclabousse les pamplemousses
Avec mes sabots.
Et ma cousine, les belles vitrines,
Avec ses sabots.
La gendarmerie est en furie,
Que toute une famille sème l'anarchie.
Oh oh oh, avec des sabots.

Nous déchirons les ailes d'avion
Avec nos sabots.
Et nous bloquons les lourds camions
Avec nos sabots.
La gendarmerie est en furie,
Que toute une famille sème l'anarchie.
Oh oh oh, avec des sabots.

Je courberai les obusiers
Avec mes sabots.
Nous boucherons les gros canons
Avec nos sabots.
La gendarmerie est en furie,
Que toute une famille sème l'anarchie.
Oh oh oh, avec des sabots.

Un an plus tard…

Je n'encourage plus le tapage
Avec mes sabots.
Je fais plutôt des chapiteaux,
Cousant mes chapeaux.
Le sabotage me faisait rire
Mais il est temps de reconstruire.
Oh oh oh, avec des chapeaux.


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Gilles Deleuze

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#1404 04-03-2020 18:04:53

smolski
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Re : J'ai une citation, je la partage

Ça serait pas un peu tendance d'envoyer tout foutre en l'air cette chanson ? lol

"Théo et Adama te rappellent pourquoi Zyed et Bouna couraient…"
"L'utopie ne signifie pas l'irréalisable, mais l'irréalisée." - T Monod (source :  La zone de Siné)
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#1405 08-03-2020 11:05:05

lagrenouille
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Re : J'ai une citation, je la partage

Toujours d'actualité ce grand Prevert
.

Il est terrible
le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim
elle est terrible aussi la tête de l'homme
la tête de l'homme qui a faim
quand il se regarde à six heures du matin
dans la glace du grand magasin
une tête couleur de poussière
ce n'est pas sa tête pourtant qu'il regarde
dans la vitrine de chez Potin
il s'en fout de sa tête l'homme
il n'y pense pas
il songe
il imagine une autre tête
une tête de veau par exemple
avec une sauce de vinaigre
ou une tête de n'importe quoi qui se mange
et il remue doucement la mâchoire
doucement
et il grince des dents doucement
car le monde se paye sa tête
et il ne peut rien contre ce monde
et il compte sur ses doigts un deux trois
un deux trois
cela fait trois jours qu'il n'a pas mangé
et il a beau se répéter depuis trois jours
Ça ne peut pas durer
ça dure
trois jours
trois nuits
sans manger
et derrière ces vitres
ces pâtés ces bouteilles ces conserves
poissons morts protégés par les boîtes
boîtes protégées par les vitres
vitres protégées par les flics
flics protégés par la crainte
que de barricades pour six malheureuses sardines..
Un peu plus loin le bistrot
café-crème et croissants chauds
l'homme titube
et dans l'intérieur de sa tête
un brouillard de mots
un brouillard de mots
sardines à manger
oeuf dur café-crème
café arrosé rhum
café-crème
café-crème
café-crime arrosé sang !...
Un homme très estimé dans son quartier
a été égorgé en plein jour
l'assassin le vagabond lui a volé
deux francs
soit un café arrosé
zéro franc soixante-dix
deux tartines beurrées
et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon.
Il est terrible
le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d'étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim.


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#1406 14-03-2020 20:22:45

lagrenouille
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Re : J'ai une citation, je la partage

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#1407 14-03-2020 22:49:09

smolski
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Re : J'ai une citation, je la partage

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#1408 15-03-2020 12:23:32

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Re : J'ai une citation, je la partage

Enfin, un peu de tendresse !

Merci lagrenouille big_smile

J'en étais resté aux hécatombes de Brive-la-Gaillarde, chantées par G.Brassens :

.......Or, sous tous les cieux sans vergogne,
C'est un usag' bien établi,
Dès qu'il s'agit d'rosser les cognes
Tout l'monde se réconcili'.
Ces furi's, perdant tout' mesure,
Se ruèrent sur les guignols,
Et donnèrent, je vous l'assure,
Un spectacle assez croquignol........



guantas.png


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#1409 17-03-2020 17:58:18

smolski
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Re : J'ai une citation, je la partage


Mon amour à la fin du monde


Ah qu'au moins ma voix te réponde

Rêves éteints romances tues
Tout est ruine d'anciennes
Romes
Dans cette épouvante des hommes
Où l'on tue au coin de la rue
Campements fous de faux vainqueurs
Où s'est paralysé le cœur
Où es-tu lumière où es-tu

Déjà ni
L'été ni l'hiver

Ni le ciel bleu ni le bois vert

Avenir promesse trahie
Tout a pris la couleur des cendres
Et les chanteurs ne font entendre
Mon long soupir ô mon* pays
Que peur amertume et désert
La beauté masque à la misère
Dans ce faux-jour de
Pompéi

Déjà bleuissent les paupières
Déjà c'est la cité des pierres

Les maisons encore debout
Cimetière immense qui tremble
Les amoureux encore ensemble
Nuit qui n'a pas de jour au bout
Et nos enfants vivants encore
Pourtant ce n'est plus qu'un décor
Une encre bue un peu de boue

Déjà déjà plus d'yeux pour voir
Déjà le soir n'est plus un soir

Paris ouvrant sa paume nue
Ses doigts de
Rueil à
Vincennes
Imaginez les quais la
Seine
Imaginez les avenues
Et ce sommeil fait d'un coup d'aile
A chaque étoile un cœur se fêle
A chaque dalle un inconnu

Déjà rien ne bat rien ne saigne
Déjà c'est le vide qui règne

Imaginez aux
Tuileries
N'étions-nous donc que ce brouillard

J'ai vu sur les photographies
Au vent de l'atome qui passe
Comment un être humain s'efface
Mieux que la craie et sans un cri

Déjà toutes choses sont feintes
Déjà les paroles éteintes

C'est
Peter
Schlemihl inversé
Ici l'ombre a perdu son homme
Et dans un ciel sans astronome
Pour en épeler l'a b c
Sur le tableau noir du désastre
La blanche équation des astres
Reste inutilement tracée

Déjà la mort sans jeux funèbres
Déjà la nuit sans les ténèbres

De tous les yeux que l'on ferma
Le fer le feu la faim les fours
Les fusils couverts de tambours
L'agonie arborée aux mâts
L'hôpital et l'équarrissage
Manquait à notre apprentissage
Le néant peint d'Hiroshima

Déjà toute rumeur se perd
Déjà plus rien ne désespère

Une meurtrière magie

Nous rend à quelque préhistoire

Des corps manquant à l'abattoir

Nul doigt n'écrira les ci-gît

Quels yeux braient aux schistes blêmes

Où la mort a fait grand chelem

Notre paléontologie

Déjà plus de maître au domaine
Déjà les saisons inhumaines

A qui ferions-nous le récit
Par quoi l'univers se termine
Le mineur saute avec la mine
Ni témoins ni juges ici
Ni trompette qui départage
Les prétendants à l'héritage
Contrairement aux prophéties

Déjà les mots n'ont plus de sens
Déjà
L'oubli déjà l'absence

L'homme est frustré du règlement
Qui vertu pèse et crime classe
Et chacun remet à sa place
A droite à gauche exactement
Comme bons et méchants se rangent
Sur le tableau de
Michel-Ange
Il n'y a pas de jugement

Déjà ni le moment ni l'heure
Déjà ni douleurs ni couleurs

Des soleils de confusion
Tournent aux voûtes de personne
Nulle part d'horloge qui sonne
O visions sans vision
Plus ombre d'homme qui permette
Au croisement d'or des comètes
Le calcul et l'illusion

Déjà c'est l'abîme physique
Déjà c'est la mer sans musique

Si les chants s'en vont en fumée
Que me fait que nul ne m'écoute
Les pas sont éteints sur les routes
Je continue à les rimer
Par une sorte de démence
Te répondant d'une romance
Mon seul écho ma bien-aimée

 


Louis Aragon

Dernière modification par smolski (19-03-2020 09:00:20)


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#1410 18-03-2020 12:08:49

lagrenouille
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Re : J'ai une citation, je la partage

sacré Prevert

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu’il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec les craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur.


"C'est a travers les mots, entre les mots, qu'on voit et qu'on entend."         
Gilles Deleuze

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#1411 18-03-2020 20:30:38

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Re : J'ai une citation, je la partage

Évolution des usages :

Jusqu'ici je toussais pour cacher mon pet.

Maintenant je pète pour cacher ma toux.

sic transit

Almanet doLys de l'open source : mon tuto pour optimiser / finaliser une install
Manjaro Xfce - Debian Xfce - Yunohost - Xubuntu Et vous ?
59 convertis  IRL (n'ont pas eu le choix...).

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#1412 18-03-2020 21:46:12

smolski
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Re : J'ai une citation, je la partage

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#1413 19-03-2020 08:06:58

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Re : J'ai une citation, je la partage

«Le sens des réalités va contre le sens de la réalité.»

Georges Perros
......un anticorps à l’affaissement moral .....comme tous les poètes ci-dessus  coffeecup.gif


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#1414 24-03-2020 09:23:24

smolski
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Re : J'ai une citation, je la partage

Les nations sont comme les poissons, elles pourrissent par la tête.


Mao Tse Toung


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#1415 24-03-2020 10:28:29

paul-riluma
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Noyau : euh...
(G)UI : ah tiens !
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Re : J'ai une citation, je la partage

oh les gars...
arrêtez... on va encore nous dire que le forum est "infesté" de lambertistes... ou un autre machin du même tonneau...

bon, autrement, j'ai pas retrouvé où j'avais lu ça, mais, comme j'ai été ému par l'arrivée en Italie des équipes médicales cubaines, me suis souvenu que Fidel Castro avait un jour remonté les bretelles des cadres du pays en leur rappelant que "faire la révolution, ça commence par être à son poste de travail..."
ben là, les médecins et infirmiers cubains en donnent un bel exemple, qui n'est pas nouveau de leur part.

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#1416 29-03-2020 15:04:48

MdgRUN
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Re : J'ai une citation, je la partage

Coluche :

« Bah oui , c'est la crise , c'est à dire qu'il va falloir que vous vous
passiez de trucs dont vos parents n'avaient pas besoin ! »


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#1417 30-03-2020 16:43:04

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Re : J'ai une citation, je la partage

Annie Ernaux est écrivain. Elle vit à Cergy, en région parisienne. Son oeuvre oscille entre l'autobiographie et la sociologie, l'intime et le collectif. Dans cette lettre adressée à Emmanuel Macron, elle interroge la rhétorique martiale du Président.

         

        Cergy, le 30 mars 2020

        Monsieur le Président,

        « Je vous fais une lettre/ Que vous lirez peut-être/ Si vous avez le temps ». À vous qui êtes féru de littérature, cette entrée en matière évoque sans doute quelque chose. C’est le début de la chanson de Boris Vian Le déserteur, écrite en 1954, entre la guerre d’Indochine et celle d’Algérie. Aujourd’hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l’ennemi ici n’est pas humain, pas notre semblable, il n’a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales, se reproduit à l’aveugle en sautant d’un individu à un autre. Les armes, puisque vous tenez à ce lexique guerrier, ce sont les lits d’hôpital, les respirateurs, les masques et les tests, c’est le nombre de médecins, de scientifiques, de soignants. Or, depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et  ce qu’on pouvait lire sur la banderole  d’une manif  en novembre dernier -L’état compte ses sous, on comptera les morts - résonne tragiquement aujourd’hui. Mais vous avez préféré écouter ceux qui prônent le désengagement de l’Etat, préconisant l’optimisation des ressources, la régulation des flux,  tout ce jargon technocratique dépourvu de  chair qui noie le poisson de la réalité. Mais regardez, ce sont les services publics qui, en ce moment, assurent majoritairement le fonctionnement du pays :  les hôpitaux, l’Education nationale et ses milliers de professeurs, d’instituteurs si mal payés, EDF, la Poste, le métro et la SNCF. Et ceux dont, naguère, vous avez dit qu’ils n’étaient rien, sont maintenant tout, eux qui continuent de vider les poubelles, de taper les produits aux caisses, de  livrer des pizzas, de garantir  cette vie aussi indispensable que l’intellectuelle,  la vie matérielle. 

        Choix étrange que le mot « résilience », signifiant reconstruction après un traumatisme. Nous n’en sommes pas  là. Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. C’est un temps propice aux remises en cause. Un temps   pour désirer un nouveau monde. Pas le vôtre ! Pas celui où les décideurs et financiers reprennent  déjà  sans pudeur l’antienne du « travailler plus », jusqu’à 60 heures par semaine. Nous sommes nombreux à ne plus vouloir d’un monde  dont l’épidémie révèle les inégalités criantes, Nombreux à vouloir au contraire un monde  où les besoins essentiels, se nourrir sainement, se soigner, se loger, s’éduquer, se cultiver, soient garantis à tous, un monde dont les solidarités actuelles montrent, justement, la possibilité. Sachez, Monsieur le Président, que nous ne laisserons plus nous voler notre vie,  nous n’avons qu’elle, et  « rien ne vaut la vie » -  chanson, encore, d’Alain  Souchon. Ni bâillonner durablement nos libertés démocratiques, aujourd’hui restreintes, liberté qui  permet à ma lettre – contrairement à celle de Boris Vian, interdite de radio – d’être lue ce matin sur les ondes d’une radio nationale.

        Annie Ernaux

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#1418 01-04-2020 17:02:34

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Re : J'ai une citation, je la partage

Saint-Exupéry :

<< Pour faire construire un bateau aux hommes, il faut leur
                           donner l’envie de la mer.>>


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#1419 03-04-2020 00:05:44

alboka
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Re : J'ai une citation, je la partage

Une qui me sert de régle de vie :
Quand un probléme a une solution, il est inutile de s'inquiéter. Quand un probléme n'a pas de solution il ne sert à rien de s'inquiéter.

Si un probléme a une solution, il est inutile de s'inquiéter. Si un problème n'a pas de solution, il ne sert à rien de s'inquiéter.
"J'habitais à 200m de la mer mais y avait un bar sur le chemin... J'ai jamais vu la mer..." Georges Best.

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#1420 03-04-2020 06:41:06

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Re : J'ai une citation, je la partage

et voici un petit texte de Fred Vargas, écrit en 2008
cool
.
La Troisième Révolution.

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.
.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés. On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s'est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes. Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi. Évidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux. D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance. Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille –, récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés). S'efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d'échappatoire, allons-y. Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore. 


Fred Vargas Archéologue et écrivain. Écrit en 2008.

Dernière modification par lagrenouille (03-04-2020 08:42:38)


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#1421 04-04-2020 08:28:25

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Re : J'ai une citation, je la partage

« Fausse candeur, fuite, mauvaise foi, solitude, mutisme, complicité refusée et, tout ensemble, acceptée, c’est cela que nous avons appelé, en 1945, la responsabilité collective. Il ne fallait pas, à l’époque, que la population allemande prétendît avoir ignoré les camps. “Allons donc ! disions-nous. Ils savaient tout !” Nous avions raison, ils savaient tout et c’est aujourd’hui seulement que nous pouvons le comprendre : car nous aussi nous savons tout. (…) Oserons-nous encore les condamner ? Oserons-nous encore nous absoudre ? »


Jean-Paul Sartre, « Le colonialisme est un système », Les Temps modernes, mars-avril 1956.

Source : Le Monde Diplomatique Avril 2020. Si vous ne pouvez vous le payer... wink


"Théo et Adama te rappellent pourquoi Zyed et Bouna couraient…"
"L'utopie ne signifie pas l'irréalisable, mais l'irréalisée." - T Monod (source :  La zone de Siné)
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#1422 11-04-2020 08:46:05

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Re : J'ai une citation, je la partage

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Les pissenlits ? .....par le bon côté !

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#1423 14-04-2020 09:52:39

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Re : J'ai une citation, je la partage

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#1424 18-06-2020 06:16:48

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Re : J'ai une citation, je la partage

Keynes a écrit :

L’amour de l’argent comme objet de possession, qu’il faut distinguer de l’amour de l’argent comme moyen de se procurer les plaisirs et les réalités de la vie, sera reconnu pour ce qu’il est : un état morbide plutôt répugnant, l’une de ces inclinations à demi criminelles et à demi pathologiques dont on confie le soin en frissonnant aux spécialistes des maladies mentales.


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#1425 09-07-2020 08:11:31

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Re : J'ai une citation, je la partage

Je suis là .

    Vous me croyez vivant
    Je laisse mes yeux ouverts
    Je regarde la nuit
    Et je sais pour vous plaire
    Y poster deux hiboux
    Je les poudre d’étoiles
    Et les chemins sont fleuves
    Entre berges de boue
    Je suis là je murmure
    Et ces mots vous comprennent
    Comme comprend le vent
    Ce mélèze où nous sommes
    Inondés de fraîcheur
    Mais moi je suis ailleurs
    Je ne suis pas vivant
    Je suis mort et transi
    Je ne suis pas ici
    Simplement je vous parle
    Et vous écoutez sans savoir
    Combien ces choses sont lointaines
    Combien me font ces feuillages d’ennui
    Qui nous dépassent dans la nuit
    Et demain seront les traces
    De mes pas dans l’autre nuit.

Jean philipe Salabreuil .

"C'est a travers les mots, entre les mots, qu'on voit et qu'on entend."         
Gilles Deleuze

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